DICKENS
L’été 1944, une compagnie de Français volontaires pour servir parmi les SAS (Spécial Air Service), est parachutée et se cache dans les Bois d’Anjou. Elle réussit, non sans connaitre des drames, à échapper de justesse à l’ennemi.
Le 6 juillet 1944, le capitaine Fournier, commandant la 3ème compagnie du 3ème SAS se voit confié la responsabilité de mettre en œuvre l’opération Dickens, dans les départements du Maine et Loire, de la Vendée et des Deux-Sèvres. "L’opération Dickens" commence dans la nuit du 17 au 18 juillet 1944 et va perdurer jusqu’en octobre 1944. Cette mission doit faciliter l’avancement des troupes de libération. Pour cela elle doit s’occuper principalement du sabotage des voies ferrées stratégiques (lignes Saintes-Saumur et Saintes-Nantes), du harcèlement des troupes ennemies et de l’organisation de la Résistance locale dans les départements de la Vendée, du Maine-et-Loire, des Deux-Sèvres et de la Loire-Atlantique.
- Missions et Objectifs : Les parachutistes devaient retarder les mouvements allemands vers le nord, attaquer les dépôts de munitions et de carburant, et finalement tenir le front nord de la poche de La Rochelle.
- Déroulement : L’opération a débuté avec le parachutage d’une équipe précurseur de Jedburgh et d’officiers à la mi-juillet 1944, suivis par le gros des troupes (environ 64 parachutistes) les jours suivants. Une base importante a été établie dans les Bois d’Anjou.
- Combats du Bois d’Anjou : Le 8 août 1944, la base a été attaquée par environ 1 500 SS. Dans la confusion des combats nocturnes au cœur d’un maquis épais, les Allemands se sont entre-tués, subissant des pertes importantes (87 morts et 152 blessés selon un rapport officiel) tandis que les parachutistes parvenaient à évacuer les lieux après avoir fait sauter leur dépôt.
- Évènements de Toutlemonde : Suite à l’interception d’une camionnette transportant des armes parachutées, les Allemands ont arrêté 66 hommes dans le village de Toutlemonde les 7 et 8 août 1944. Ces otages ont échappé de justesse à l’exécution grâce à l’intervention providentielle de Maurice Ulm, un Alsacien servant d’interprète.
- Bilan Global : Malgré des difficultés logistiques et un manque de moyens de transport, l’opération fut un succès avec 83 coupures de voies ferrées, 11 déraillements, la destruction de nombreux véhicules et environ 500 à 800 soldats allemands tués. Les SAS ont également capturé plus de 400 prisonniers et fourni des armes à la Résistance, permettant ainsi de harceler l’ennemi en retraite.
L’opération Dickens est restée célèbre pour l’audace de ses participants qui, opérant en petits groupes, ont semé le désordre chez l’occupant jusqu’à la libération de la région.
