René Villain naît le 15 juin 1922 à Chabris, dans l’Indre. Fils de Gaston Louis Villain et de Geneviève Lagnier, le jeune homme refuse de voir son pays soumis. Cherchant un moyen d’agir et de tracer son chemin vers la liberté, il s’engage initialement dans l’armée d’armistice au sein du 27e Régiment d’Infanterie à Châteauroux, le 12 mars 1942.
Animé par le désir profond de rejoindre le combat légitime, il parvient à se faire muter en Algérie au 2e Régiment de Zouaves le 27 mai 1942.
Quelques mois plus tard, le 8 novembre 1942, l’opération Torch déclenche le débarquement allié en Afrique du Nord. René Villain voit enfin les portes de la France Libre s’ouvrir à lui. Après avoir été affecté au 9e Régiment de Zouaves le 25 janvier 1943, il rallie officiellement les Forces Françaises Libres (FFL) le 8 juin 1943 à Kairouan, en Tunisie. Désireux de participer au plus vite aux opérations de première ligne, il se porte volontaire pour les troupes aéroportées et rejoint le 3e Bataillon d’Infanterie de l’Air (3e BIA) à Tripoli.
L’apprentissage des SAS en Grande-Bretagne
Le 26 octobre 1943, sa trajectoire l’amène vers la Grande-Bretagne. Il embarque à bord du paquebot Samaria et débarque à Liverpool le 6 novembre 1943. Intégré au 3rd Squadron du 3th SAS, il entame immédiatement un entraînement commando d’une extrême rigueur. Son courage et sa persévérance sont couronnés le 20 janvier 1944 à l’école de Ringway (Parachute Training School), où il obtient le brevet de parachutiste numéro 3050.
La mission « Dickens » et la guerre de l’ombre dans l’Ouest
Désormais caporal, René Villain est engagé dans la mission « Dickens ». Il fait partie du Stick V, une unité d’élite de 10 parachutistes commandée par le sergent Paul Héricourt. Dans la nuit du 25 au 26 juillet 1944, le stick est parachuté sur le Bois d’Anjou, dans le Maine-et-Loire.
Accueillis au sol par le groupe de l’Aspirant Leger alias d’Azermont, les parachutistes prennent un bref repos avant de faire mouvement vers le secteur de La Châtaigneraie, laissant Henri Lagarde en protection de leur base arrière. Dans un premier temps, le groupe s’établit dans les bois de La Bodinatière, près de Saint-Hilaire-de-Voust (Vendée). Pour paralyser l’ennemi, le stick se scinde en petites unités qui opèrent de nuit. Les SAS multiplient alors les sabotages audacieux sur les voies ferrées vers Chantonnay et Fontenay-le-Comte, ainsi que sur la gare de Niort et les lignes à haute tension alimentant La Rochelle.
Quelques semaines plus tard, le sergent Héricourt déplace ses hommes dans une ferme abandonnée au Vieux Chêne, à Salvaison, près de La Chapelle-aux-Lys. C’est depuis cette nouvelle base que les parachutistes SAS prennent en main l’encadrement et l’instruction technique des maquisards locaux, intensifiant la pression sur les troupes d’occupation.
L’ultime combat à Saint-Marc-la-Lande
Le mercredi 30 août 1944, alors que la libération de la région est en cours, le destin du caporal René Villain bascule. Au cours d’une embuscade tendue contre une colonne de la Wehrmacht entre Champdeniers et Mazières, près de Saint-Marc-la-Lande (Deux-Sèvres), il tombe héroïquement face à l’ennemi. Il avait 22 ans.
Hommage et Postérité
Pour sa bravoure et son dévouement exceptionnels, les prestigieuses décorations suivantes lui ont été attribuées à titre posthume :
• La Médaille militaire
• La Croix de Guerre 39/45