Marcel Pérès naît le 6 mars 1923 à Orleix, dans les Hautes-Pyrénées.
Il est le fils d’Eugène Joseph, maître-tailleur, et de Joséphine Bière, ménagère.
Jeunesse et premiers engagements militaires
Très tôt, il fait le choix de la carrière des armes : le 6 mai 1941, à tout juste 18 ans, il s’engage pour quatre ans dans le personnel du service général de l’Armée de l’air sur la base de Toulouse. Fin mai, il est affecté à la 12e Compagnie des engagés volontaires, puis dirigé vers l’Afrique du Nord.
Il débarque à Alger en août 1941 et rejoint la base de Blida, avant d’être détaché à la Compagnie d’infanterie de l’air n° 1 (qui va devenir plus-tard le 1er RCP) au mois de décembre de la même année.
L’évasion par l’Espagne et l’engagement dans la France Libre
Bénéficiant d’une permission de longue durée en France le 5 septembre 1942, il profite de son retour en métropole pour s’évader par l’Espagne en franchissant la frontière au niveau de Font-Romeu.
En réalité Marcel a compris qu’il ne pourra pas participer à la libération de son pays en restant dans l’armée d’armistice. Il decide donc de déserter.
Comme beaucoup de ses camarades, son périple est interrompu par les autorités espagnoles. Arrêté à Ribes de Freser en Catalogne, il est interné à la prison de Saragosse en octobre 1942, puis transféré à Madrid, et enfin au redoutable camp de Miranda de Ebro en janvier 1943.
Libéré le 26 janvier, il embarque à Algésiras à la mi-février et rallie Oran pour retrouver son ancienne unité de l’air à la base de Maison Blanche et qui suite à l’opération Torch et le débarquement des alliés est devenu Gauliste.
Le 17 juin 1943, il franchit un cap décisif en s’engageant pour la durée de la guerre dans les Forces Aériennes Françaises Libres (FAFL).
La formation au sein du Special Air Service
Affecté dès le 7 juin 1943 au 3e Bataillon d’Infanterie de l’Air (qui prendra le nom de 3e RCP), Marcel Pérès entame un long voyage de transit qui le mène de Beyrouth à Alger, puis via Le Caire et Tripoli, avant de prendre la mer pour arriver à Liverpool en Angleterre le 8 novembre 1943. Dirigé sur le camp de Camberley, il suit le parcours d’excellence des commandos SAS : il reçoit l’instruction commando à Largo en Écosse, passe son brevet de parachutiste à Ringway (obtenu le 20 janvier 1944), et suit un entraînement intensif aux techniques de combat et de sabotage au camp d’Auchinleck de février à mai 1944.
Promu 1ère classe en février, il rejoint le camp de départ de Fairford le 27 mai, dans l’attente du Débarquement.
Les campagnes de la Libération
Marcel Pérès est engagé dans l’Opération Dickens. Il est parachuté le 28 juillet 1944 au Bois d’Anjou, dans le Maine-et-Loire. La mission de son unité est de couvrir le flanc sud de l’Armée américaine en progression, d’établir une base de résistance solide au sud de la Loire (jusqu’à Niort) et de prendre contact avec les FFI de la région.
Pérès mène ses actions de guérilla et est ensuite dirigé vers Fontenay-Loing (Loiret) et Montargis.
Après la libération de Paris, son unité est mise au repos dans la région d’Épernay, dans la Marne. À la différence de la plupart des SAS qui partent peu après pour la Hollande, Pérès est affecté au Centre aérien de Dijon en novembre 1944, puis il intègre le fameux 1er RCP le 10 janvier 1945.
Avec ce régiment d’élite, il participe à la dure campagne d’Alsace, s’illustrant notamment lors des combats acharnés et meurtriers de Jebsheim entre le 15 janvier et le 13 février 1945.
Démobilisation et après-guerre
Après la victoire, Marcel Pérès est démobilisé le 20 octobre 1945 et se retire dans sa région d’origine, à Tarbes. Il fait ensuite le choix de l’expatriation en partant s’installer au Canada.
Il y passera le reste de sa vie et décèdera à Montréal le 4 mai 1993.