GAIN

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OPERATION GAIN du 13 juin au 8 août 1944

L’Opération Gain est menée par le D Squadron du 1er Régiment SAS britannique (1st SAS), incluant quelques Français comme Albert Menginou. L’objectif est de harceler les lignes de communication ennemies dans la « trouée d’Orléans » pour isoler le front normand
. Le rapport britannique souligne que c’était une opération « extrêmement ambitieuse » en raison du terrain découvert, de la proximité de Paris et des axes routiers majeurs, et du temps passé derrière les lignes ennemies.

Déploiements et mise en place Les premiers largages ont lieu à la mi-juin 1944 :

  • Le lieutenant J.M. Watson saute dans la nuit du 13 au 14 juin.
  • Le capitaine C.L. Riding est parachuté à 2 km à l’ouest de Pithiviers (Loiret) dans la nuit du 14 au 15 juin, accompagné de son stick : Sgt Dunkley, Cpl Langston, L/Cpl Sadler, L/Cpl Alibert et le soldat Ion.
  • Le major Ian Fenwick, commandant de l’escadron, ainsi que d’autres hommes (comme le lieutenant Bateman largué le 13/14 juin) se regroupent autour du 19 juin pour unifier les forces.

Succès tactiques : sabotages et harcèlement L’opération est qualifiée de grand succès par l’état-major aéroporté allié, un résultat directement attribué à l’énergie, l’audace et l’initiative du major Fenwick.

Destructions ferroviaires : À partir du 17 juin, les équipes détruisent les voies ferrées de Malesherbes à La Chapelle-la-Reine, de Malesherbes à Puiseaux, et de Fontainebleau à Nemours
. Le lieutenant Watson détruit même une locomotive directement dans son hangar à Beaune-la-Rolande.

Mobilité grâce aux Jeeps : Initialement à pied, les SAS reçoivent ensuite le largage de leurs Jeeps armées, ce qui leur permet d’étendre leurs bases d’opération de la Forêt d’Orléans jusqu’à la Forêt de Fontainebleau.

Attaques de convois : De nombreuses patrouilles offensives en Jeep détruisent des transports de troupes et de carburant allemands, notamment à Ascony, Chilleurs-aux-Bois et Loury.

Soutien de la Résistance et de la population Les parachutistes ont agi en liaison avec les maquis locaux (un camp FFI de 500 à 600 hommes est mentionné dans le rapport).
Le commandement allié insiste tout particulièrement pour que le village de Nancray (Loiret) reçoive une reconnaissance officielle pour l’aide inestimable que ses habitants ont fournie aux hommes du 1st SAS.

Faits divers rapportés : Les SAS ont pu formellement confirmer que les Allemands utilisaient abusivement les véhicules de la Croix-Rouge. Ils ont également recueilli le corps d’un aviateur américain abattu (le lieutenant Edward E. Simpson de la 9th Air Force) qu’ils ont enterré dans le cimetière d’Ouzouer-sur-Loire.
Lourdes pertes et fin tragique Malgré des actions d’éclat, le détachement a payé un très lourd tribut :
La tragédie du Tertre Marbois (4 juillet 1944) : Douze hommes du détachement sont trahis en cherchant à attaquer les aérodromes parisiens. Dix sont capturés par la Gestapo, et sept d’entre eux (dont le capitaine Garstin) sont exécutés.

L’embuscade de Chambon-la-Forêt (7 août 1944) : En se portant au secours du village encerclé, la Jeep du commandement tombe dans une violente embuscade. Pris sous un tir de mitrailleuse, le major Ian Fenwick, le parachutiste français Albert Menginou et l’aspirant FFI Pierre Hébert tombent héroïquement au combat.
L’escadron finit par se disperser après la mort de son chef.