Albert Édouard Menginou-Bouette naît le 4 février 1915 à Ossun, dans les Hautes-Pyrénées.
Attiré par la carrière militaire, il est mobilisé en 1935 et se trouve affecté dans l’aviation à Pau au déclenchement de la guerre en septembre 1939.
Jeunesse et premiers engagements militaires
Après la débâcle et la défaite de mai 1940, il est contraint de retourner à la vie civile. Il regagne sa famille dans son village natal d’Ossun et trouve un emploi aux haras de Tarbes.
L’évasion par l’Espagne et l’engagement dans la France Libre Refusant l’occupation, il décide de s’évader clandestinement le 1er mai 1942 en franchissant les Pyrénées, avec l’espoir de rejoindre l’Afrique du Nord puis l’Angleterre. Cependant, son périple est interrompu lorsqu’il est arrêté par la police espagnole à Badajoz.
En septembre 1942, il est interné au terrible camp de concentration de Miranda de Ebro. Faisant preuve de ruse, il parvient à se faire libérer le 25 mai 1943 en usurpant l’identité d’un sujet britannique (sous le faux nom de Monin, prétendument né à Londres).
Il réussit enfin à rallier Londres en juin 1943 et s’engage dès le mois de juillet chez les parachutistes des Forces Aériennes Françaises Libres (FAFL).
La formation au sein du Special Air Service
Désireux d’être au cœur de l’action, Albert Menginou se porte volontaire le 15 août 1943 pour intégrer les unités SAS britanniques. Dirigé vers les camps d’entraînement spécialisés, il suit une instruction intensive particulièrement axée sur les techniques de sabotage. Il obtient son brevet de parachutiste à Ringway le 27 août 1943, le qualifiant ainsi pour les opérations spéciales derrière les lignes ennemies.
Les campagnes de la Libération
Le parachutiste Menginou est engagé dans l’Opération Gain. Dans la nuit du 16 au 17 juin 1944, il est parachuté dans le secteur sud de Paris, en compagnie de quatre parachutistes britanniques placés sous les ordres du major Ian Fenwick. Leur mission est hautement stratégique : ils sont chargés d’encadrer la Résistance locale pour mener des actions de guérilla, saboter les communications de l’ennemi et faire dérailler les convois ferroviaires allemands qui tentent de rejoindre le front de Normandie.
Le sacrifice ultime, hommages et distinctions
Le 7 août 1944, la tragédie frappe le détachement. Ce jour-là, la population du village de Chambon-la-Forêt (Loiret) est prise en otage par les Allemands, menacée d’être fusillée en représailles des actions menées par le maquis. N’écoutant que son courage, le groupe SAS mène un assaut en Jeep contre les allemands pour tenter de sauver les civils.
Tombés dans une violente embuscade et pris sous le feu nourri d’une mitrailleuse ennemie, le major Fenwick, l’aspirant FFI Pierre Hébert et Albert Menginou sont tués au combat. Ils ont sacrifié leur vie pour épargner celle des villageois.
Déclaré « Mort pour la France », Albert Menginou a été décoré à titre posthume de la Médaille Militaire et de la Croix de guerre 1939-1945 avec palmes, qui furent remises à son père en 1956. En 1948, son corps a été rapatrié et inhumé dans son village natal d’Ossun, où une rue porte aujourd’hui son nom pour honorer sa mémoire.
Son nom est également gravé dans la pierre du Mémorial international des parachutistes SAS à Sennecey-le-Grand.