Norbert Benchemoul, plus connu sous le nom de Norbert Beyrard, naît le 16 juin 1925 à Palikao (aujourd’hui Righenif), en Algérie française, au sein de la communauté juive locale.
Dès 1941, alors qu’il est lycéen, il est ennuyé par la police de Vichy pour avoir fréquenté des mouvements de Résistance. Après le débarquement allié en Afrique du Nord en novembre 1942, il sert comme guetteur pour les troupes britanniques en Tunisie, face à l’Afrika Korps.
Le début des SAS et des Forces Françaises Libres
En 1943, Norbert Beyrard rejoint les Forces Françaises Libres et est incorporé au sein du 3e BIA puis envoyé en Angleterre pour y suivre une formation de parachutiste à Ringway. Il est affecté au 3ème Régiment du Special Air Service (SAS) britannique.
En juillet 1944, il est parachuté en Bourgogne avec le Stick du lieutenant Jacques Zermati. Ce groupe, composé en grande partie de parachutistes d’origine juive, s’illustre lors de la bataille de Sennecey-le-Grand. Sur les vingt parachutistes engagés, onze périssent, dont six Juifs. Norbert Beyrard récite le Kaddish pour ses camarades tombés au combat : l’Aspirant Lyon-Caen, l’Adjudant Benhamou, les frères Djian, ainsi que les parachutistes Barkatz et Lombardo.
La hollande et l’opération Amherst
En avril 1945, lors de l’opération Amherst aux Pays-Bas, Norbert Beyrard et son stick sont chargés de fixer les Allemands dans la ville d’Oranje. Malgré un rapport de force défavorable (20 contre 100), ils mènent le combat avec détermination. Grièvement blessé et fait prisonnier, il est incarcéré au camp de Sandbostel, en Allemagne, où il découvre l’horreur des camps de concentration nazis. Il s’évade quelques semaines plus tard et retrouve les rangs des SAS. Pour ses faits d’armes, il est décoré de la Légion d’honneur, de la Médaille Militaire, de la Médaille de la France Libre et de la Croix du Lion de Bronze hollandaise.
Engagement pour la création de l’État d’Israël
Démobilisé en 1945, Norbert Beyrard reprend ses études à Paris, préparant les concours d’entrée à Polytechnique et aux Mines. Cependant, son destin bascule à nouveau en 1946, lorsqu’il est sollicité par le Yichouv pour expertiser des armes destinées à la Haganah. En avril 1948, il rejoint la Palestine mandataire et participe à la création de la première école de parachutistes de Tsahal, sur la base de Ramat David. Il dirige également une des premières unités de reconnaissance de la jeune armée israélienne, le Yechida-Siour, ancêtre de la Sayeret Matkal. Son expérience et son leadership sont déterminants pour la formation des forces spéciales israéliennes.Avec une quarantaine de volontaires étrangers (dont des Américains, Britanniques, Sud-Africains et anciens de la Résistance), il mène des opérations de reconnaissance derrière les lignes syriennes, entre la vallée de Hula et le lac de Tibériade. Il participe aussi à la préparation d’une opération de parachutage sur El-Arish dans le Sinaï, finalement abandonnée pour des raisons logistiques.
Après la guerre d’Indépendance, il retourne en France, obtient un master en sciences et un doctorat en économie, et dépose plus de 150 brevets, dont celui du scanner médical à haute définition.Norbert Beyrard incarne l’audace, le courage et l’engagement au service de la liberté. Son parcours, marqué par la lutte pour la Libération de la France et la création de l’État d’Israël, reste une source d’inspiration. Il décède le 13 février 2017 à Divonne-les-Bains