LACAZE Pierre, Jean

Pierre Lacaze naît le 24 octobre 1920 à Toulouse (Haute-Garonne), mais sa famille est originaire de Tournay (Hautes-Pyrénées). Fils de Léopold, coiffeur, et de Delphine Lhez (décédée en 1925), il fréquente l’école de Tournay jusqu’à ses 13 ans. Il suit ensuite son père dans la région de Bordeaux où il se forme au métier de constructeur de charpentes métalliques.

Jeunesse et premiers actes de résistance
Blessé au pied lors de son travail en juin 1940, il refuse la défaite : dès sa sortie de clinique, il participe à des sabotages et photographie le terrain d’aviation de Mérignac, occupé par les Allemands. Après avoir franchi la ligne de démarcation, il s’engage dans l’Armée de l’air à Toulouse à l’automne 1941, dans l’espoir d’être envoyé en Afrique pour y rallier les troupes gaullistes. Toutefois, son manque de discrétion quant à ses objectifs conduit à la résiliation de son contrat le 20 décembre 1941.
L’évasion par l’Espagne et l’engagement dans la France Libre
Refusant l’inaction, il décide de fuir par l’Espagne. Le 25 octobre 1942, il quitte Bordeaux, dit au revoir à sa famille dans les Hautes-Pyrénées, et franchit le col de l’Hospitalet vers l’Andorre le 4 novembre, guidé par un républicain espagnol.
Son périple est interrompu par son arrestation à Cardona. Incarcéré le 11 novembre à la prison Modelo de Barcelone, puis transféré à Saragosse, il finit interné au redoutable camp de Miranda de Ebro jusqu’à sa libération fin avril 1943. Il embarque alors sur le navire Santa Rosa et débarque à Greenock, en Écosse, au printemps 1943.

La formation au sein du Special Air Service
Après avoir franchi le sas de sécurité de la Patriotic School, il signe son engagement dans les Forces Aériennes Françaises Libres (FAFL) le 17 juin 1943.
Dirigé vers Camberley, il est affecté au 4e Bataillon d’Infanterie de l’Air (4e BIA). Il suit la rudimentaire instruction des parachutistes et obtient son brevet à Ringway (brevet n°2564) le 5 mars 1944. Il intègre les commandos du 4e SAS, parfait son entraînement au camp d’Auchinleck en Écosse, et est promu caporal le 1er juin 1944.

Les campagnes de la Libération
Pierre Lacaze prend part à trois opération SAS majeures de la Libération de l’Europe au sein du 2e Régiment de Chasseurs Parachutistes (2e RCP, ex-4e BIA) :
L’Opération Dingson (Bretagne) : Le 5 août 1944, il arrive sur le sol français non pas par parachutage, mais aérotransporté. À bord d’un planeur type Waco tracté par un Halifax, il atterrit sur une zone située entre Locoal-Mendon dans le Morbihan. Il voyage avec la Jeep SAS baptisée « La Madelon », en compagnie de Lucien Neuwirth et de leur chef d’équipe, le sergent Djamil Jacir. Avec l’escadron motorisé, ils participent à la libération de Vannes, puis rayonnent pour harceler l’ennemi vers Erdeven, Auray et Quimper.
L’Opération Spenser (Front de la Loire) : À la fin de l’été 1944, toujours à bord de « La Madelon », son escadron est envoyé dans le Maine-et-Loire puis le Loiret. Sa mission consiste à encadrer les maquis locaux pour ralentir et détruire les colonnes allemandes en plein repli vers l’Est et la Normandie.
L’Opération Franklin (Ardennes belges) : Alors qu’il est en permission dans la Marne (Épernay, Montmirail) en octobre, le 2e RCP est rappelé d’urgence le 24 décembre 1944 pour contrer l’offensive allemande de von Rundstedt. Au profit de la 87e Division d’infanterie américaine, la mission des jeeps SAS est de colmater les brèches et de multiplier les patrouilles pour tromper l’ennemi sur leurs effectifs.

Blessure et démobilisation
Engagé au contact de l’ennemi dès le 25 décembre 1944 à Bertrix, il mène de dures missions de harcèlement dans le froid de l’hiver ardennais. Le 1er février 1945, le caporal Lacaze est blessé au combat, souffrant de fortes contusions et d’une fracture de côte.
Évacué vers l’hôpital Chaptal à Paris, il est ensuite transféré à l’hôpital de Colchester en Angleterre à la mi-mars pour sa convalescence. Il rejoint finalement son unité le 17 juillet 1945 à la base de Château-Bougon près de Nantes, et est officiellement démobilisé le 3 septembre 1945.

Publiée le , par CH11, mise à jour

Télécharger au format PDF

Sources - Liens

Service historique de la Défense, GR 16P 326998
Photo© Collection privée