Maurice Domingo naît le 19 mai 1921 à Narbonne, dans l’Aude.
Maurice Domingo est l’un des parachutistes français des Forces Françaises Libres ayant servi au sein du 3e Special Air Service (3e SAS), unité d’élite spécialisée dans les opérations de sabotage, de reconnaissance et d’appui à la Résistance derrière les lignes ennemies durant la Seconde Guerre mondiale.
Volontaire animé par un profond sens de l’honneur et du devoir, il incarne l’engagement total d’une génération qui choisit la lutte clandestine et le combat aéroporté au service de la liberté.
Jeunesse et engagement :
Natif de Narbonne, Maurice Domingo est incorporé le 11 novembre 1941 aux Chantiers de la Jeunesse, qui tiennent alors lieu de service militaire.
Très tôt, il s’engage dans des filières d’évasion vers l’Espagne, refusant l’occupation et la soumission. Au début du mois de mars 1943, il entre en contact avec une filière d’évasion qui l’aide à franchir les Pyrénées et à rejoindre l’Espagne, où il sera interné à la prison de Barcelone le 7 mars. Transféré entre plusieurs prisons, notamment à Barcelone, il endure de longs mois de détention avant d’être libéré par le consulat britannique le 16 juillet 1943.
Ralliement à la France Libre et formation SAS :
Après un passage par Casablanca, le camp de Médiouna, puis Blida en Algérie où il rallie officiellement les Forces Françaises Libres le 21 juillet 1943, Maurice Domingo s’engage pour la durée de la guerre au 3e Bataillon d’Infanterie de l’Air (3e BIA).
Il embarque sur le Samaria le 26 octobre pour rejoindre la Grande-Bretagne le 6 novembre1943. Engagé aux FAFL au camp de Comrie, Il commence une longue période de formation et d’entrainement avec ses nouveaux camarades du Special Air Service. Il suit l’entraînement commando dans plusieurs camps britanniques, notamment Auchinleck en Écosse. Il est breveté parachutiste en mars 1944 à l’école de Ringway.
Il sera affecté au 2nd Squadron du 3rd SAS.
Opérations militaires :
Bretagne – Opération DERRY (août 1944)
Du 5 au 18 août 1944, le 3rd SAS est parachuté en Bretagne.
Maurice Domingo participe a l’opération DERRY : empêcher la destruction d’ouvrages stratégiques, harceler les troupes allemandes, encadrer et soutenir la Résistance locale.
Il est cité à l’ordre de la Division aérienne et reçoit la Croix de Guerre 1939-1945 avec étoile d’argent, notamment pour son action dans le secteur de Landivisiau.
Est de la France – Opération ABEL (août 1944) : le 25 août 1944, il est parachuté dans le Doubs.
Engagé dans de violents combats, notamment à Clerval, il est promu sergent au feu.
Il est cité à l’ordre de l’Armée et reçoit la Croix de Guerre avec palme.
Les opérations se poursuivent dans les Vosges, puis en Champagne, où son unité est stationnée aux environs d’Épernay.
Pays-Bas – Opération AMHERST (avril 1945) : en avril 1945, Maurice Domingo participe à l’opération AMHERST, grande opération aéroportée menée par les SAS français dans le nord des Pays-Bas (Drenthe, Frise), en appui à l’avance des forces alliées, notamment canadiennes.
Bien que gravement blessé auparavant au genou, il se porte volontaire sans hésitation.
Lors d’une mission de sabotage contre des péniches allemandes, une charge explose prématurément alors qu’il se trouve dans l’eau. Grièvement blessé, il est laissé pour mort et ne doit sa survie qu’à des circonstances exceptionnelles. Il sera finalement secouru par des unités alliées et transféré vers un hôpital, entamant une longue convalescence, marquée par plusieurs mois de coma.
Son courage et son sang-froid lors de cette opération lui vaudront une reconnaissance officielle durable, tant en France qu’aux Pays-Bas.
Décorations et reconnaissance :
Maurice Domingo a reçu de nombreuses distinctions, parmi lesquelles :
Médaille militaire
Croix de Guerre 1939-1945 (étoile d’argent et palme)
Croix du Souvenir de Guerre néerlandaise avec agrafe « Krijg te Land 1940-1945 », remise par la Reine Juliana en reconnaissance de son rôle dans la libération des Pays-Bas.
Il est nommé sergent-chef de réserve le 1er janvier 1946.
Après-guerre et devoir de mémoire :
Démobilisé en septembre 1945, Maurice Domingo reste profondément attaché au monde parachutiste. Il participe pendant des décennies aux cérémonies commémoratives, tant en France qu’en Europe.
Le 21 septembre 1999, à Tarbes, il est le doyen des cérémonies de la Saint-Michel, Saint patron des parachutistes, au sein du 1er Régiment de Hussards Parachutistes. Sa présence force le respect des jeunes générations, auxquelles il transmet l’exemple d’un engagement total.